mardi 17 juin 2008
16 ~ NENE : Le syndrome des lunettes noires (1)
Me demande si ça va.
Je réponds "oui, merci et toi ?"
Il me répond : "non, mon allure ça va ?"
Je dis "ben..."
Il s'énerve : "dégage et apporte-moi les classeurs BANQUE".
Il s'installe derrière sa table en verre.
Il porte ses habits de la veille.
Il sent vaguement la nuit, la fumée, la sueur.
On sonne. J'ouvre.
C'est le conseiller financier.
Je le fais entrer et pose les classeurs demandés.
Je m'éclipse.
Toutes oreilles tendues,
Je m'apprête à savourer.
Néné s'excuse, il va devoir garder ses lunettes noires.
Il a super mal aux yeux.
Conjonctivite.
Le conseiller tout pressé qu'il est de fourguer ses produits spécial PME n'en oublie pas pour autant les règles commerciales.
Il s'accorde 2 petites minutes pour donner dans la compassion.
Pour créer un climat favorable
A la signature d'un contrat d'affacturage.
Faut bien mettre en confiance et attendrir sa proie.
Mais monsieur le conseiller se trompe.
En faisant ça, lui-même il se fait proie.
Un engrenage a démarré, et dedans, il y a mis son doigt.
Néné est parti,
Au quart de tour,
Dans un grand récit fictionnel :
La conjonctivite la plus carabinée de l'Estaque
Trouve en peu de temps son origine dans un discours paranoïaque.
A la sauce OGM,
Pétrole de l'Etang de Berre
Et pollution atmosphérique.
Le genre de discussion culte pour moi :
Du "plus belle la vie" version psychotrope.
Néné excelle dans cet art.
Le conseiller tente de couper
La parole.
Le conseiller tente de couper
Court.
Mais c'est trop tard.
Néné court justement.
Néné est lancé,
Moteur impossible à couper.
Il a passé la nuit à faire le plein pour carburer.
Il a bu,
Il a sniffé,
Il est volubile à souhait.
Il imagine des connexions, des réseaux secrets,
Politiciens, laboratoires et mafia mélangés
Invente des conspirations écologiques et des menaces alimentaires.
"Vu ce qu'on nous cache, on nous dit pas tout".
Il allume clope sur clope, en jurant qu'il est difficile de préserver sa santé.
Il se penche sur le bureau pour attraper son briquet,
Son porte-carte tombe de la poche de sa veste,
Une légère poussière blanche s'échappe.
Le conseiller financier en a pour son argent.
Le pauvre homme tente d'embrayer sur les mots sécurité, prévoyance, avenir.
Mais la conjonctivite de Néné aura raison de lui.
Des pareilles, le conseiller n'en a jamais vues,
Pour lui aussi, c'est la pire de sa vie.
Il trouve ça un peu bizarre,
Trouve que quelque chose ne tourne pas rond.
Mais son esprit carré est encore loin de la vérité.
La vérité c'est que Néné est moitié bourré, moitié shooté.
Oui, il a mal aux yeux.
Son bleu de l'œil est rouge,
Son blanc de l'œil est jaune,
Et il a du mal à cligner.
Mais point de pus,
"Juste" de l'abus.
Néné tient l'alcool.
De moins en moins bien.
Mais tient.
Parfois, il boit trop d'apéro et de grands crus
Ca le cuit.
D'où cuite.
Néné tient la drogue.
Comme le croient tous les drogués
Qui pensent maîtriser.
Il tient. On lui en tend. Prends-en.
La coke, c'est un truc de jeunes branchés.
Rien de tel pour attirer Néné.
Fini les joints des années 80,
C'est de la drogue à papa ça !
Prendre de la poudre en chemise Dolce Gabbana
Ca, ça le fait.
Lui qui fait de la com', là il flirte avec la publicité,
Pour un peu, il se prendrait pour Beigbeder.
Mêmes ses références sont un peu datées.
Pete Doherty, j'aurais compris.
Au moins y'a du génie.
Il respire trop, pour oublier qu'il est morose.
(Snif)
Mais c'est son entourage qui ressent l'overdose.
En fait c'est moi, à 8h30, quand je me pointe.
Moi, qui le récupère heureux de vivre,
Planté devant la porte du bureau parce qu'il n'arrive pas à mettre la clef,
Cachés derrière ses fameux verres fumés.
Verres fumés
Lunettes à fumettes,
Ray-ban à came.
Stupéfiant.
Et systématiquement il fait le coup de la conjonctivite.
Ca ne rate jamais.
Un jour, je lui ai dit très sérieusement
Que c'était mauvais signe toutes ces infections.
Faudrait qu'il consulte un ophtalmo,
On ne sait jamais.
Un cancer de l'œil est vite arrivé.
Illico,
Néné le parano
M'a demandé de caler dans son agenda
Une visite
Chez le plus réputé des spécialistes.
Il croit tellement en lui,
Qu'il croit même en ses mensonges.
L'ophtalmo ne lui a trouvé qu'une presbytie
Et ça l'a foutu en rogne le Néné.
D'homme de la nuit branché coco
Le voilà simple homme à demi-lunes.
Pas cool.
Et les crises de lunettes et d'yeux myxomatosés ont continué.
En plus des nuits agitées,
A se frotter trop fort les yeux à l'heure de la sieste,
Les mirettes finissent par être vraiment irritées.
Au bout d'une heure, le conseiller a fui.
Il m'a dit "pauvre homme",
Je lui ai répondu "non, bad trip".
Il n'a pas compris.
Moi, j'ai bien ri.
Néné s'est allongé sur le canapé,
En face de moi.
Je lui ai fait signe
Que son nez saignait.
Comme on roule un pétard,
Il s'est fabriqué une mèche.
De kleenex.
Et a bouché la narine.
Il a trouvé l'énergie de se justifier :
"Hémophilie".
Et derrière ses lunettes de gogo,
D'un seul coup,
Quinquets clos.
Sommeil agité,
Mouvements désordonnés.
On aurait dit un chien qui rêve.
Moi, la canine,
Ca m'a agacé qu'il fasse le canidé.
Alors j'ai changé d'espèce
Le temps d'une journée.
Addictive à souhait.
Sur le balcon j'ai ronronné,
Satisfaisant ma dépendance aux UV,
Et savourant le doux opium
De ma tranquillité.
Telle est ma drogue,
Celle qui, moi aussi, me fait porter
Lunettes griffées.
Hight
Néné aurait tant voulu y être invité...
mercredi 21 mai 2008
15 ~ NENE : Plus con qu'un supion / Un déjeuner d'affaires
Arrivée de Néné au bureau.
Il s'enquiert.
- T'as réservé une table pour 4 pour midi ?
- Non, j'ignorais...
- Putain, je te l'ai dit hier. Avec toi, faut toujours tout répéter. Y'a l'équipe de la grosse Rafinet qui vient pour la campagne de la rentrée. Allez magne-toi !
- Euh, hier j'étais en congé...
- Bon, on va pas épiloguer, ni y passer la matinée. Prends ton bigo et réserve ! Bouge !
- Où tu veux les emmener ?
- Roooooooooh, ch'ais pas, moi. Démerde-toi. Pas trop cher, hein ?
9h15
- Néné ! C'est ok pour 13h30 à la Maison basque.
- Rooooooooh, putain !! Pourquoi t'as réservé là-bas ? La bouffe basque, moi je trouve ça fade, gras et indigérable. Franchement j'aurais préféré La Table à Fredo. En plus, 13h30, c'est taaaaard. Fais-moi plaisir, annule et appelle Fredo. Appelle-le de ma part s'il faut, cette table je la veux.
9h16
Je me dis : "self control, ma belle, self-control, il n'est que 9h16".
Je fais le nécessaire. Tout est arrangé. M'a bien semblé entendre Fredo soupirer quand j'ai dit que je réservais pour Néné.
- Néné, c'est ok ! La Table à Fredo, 13h !
Aucune réponse, aucun merci. Service compris.
12h45
Je reçois un email, en provenance du bureau de Néné. 15 mètres nous séparent seulement, pourtant Néné préfère me faire part de ses pensées par ADSL interposée.
Le mail dit : "pense à te refaire une beauté pour le déjeuner".
Je réponds à haute voix :
- Comment ça ? C'est que j'ai rendez-vous, moi, pendant ma pause déjeuner !
Il me renvoie un mail : "moi + la grosse Sylvie Rafinet + son associé + toi = 4. Faut réviser tes classiques ! PS : si tu peux retirer tes boucles ethno-africano c'est mieux. Re PS : quand on va manger gratis, on évite de se plaindre."
12h55
Sylvie Rafinet et son associé arrivent, je les installe dans l'entrée qui fait office de salle d'attente. J'en informe discrètement Néné. Néné se planque dans son bureau. Il est plongé dans La Provence et aimerait finir de lire la rubrique des chiens écrasés.(paix aux canins)
13h25
Néné surgit de son bureau comme groggy d'avoir sorti la tête d'un gros dossier. Il salue tout le monde et dit : "mon assistante vient seulement de me prévenir de votre arrivée". Sylvie Rafinet regarde sa montre et me lance ce qui me semble être un regard de reproches. Je zappe, j'ai faim, je me mets "en veille".
13h40
Arrivée à la Table à Fredo. Avec quarante minutes de retard, forcément y'a plus de places en terrasse. Néné enrage, il voulait fumer. Crise n°1. C'est bien parti.
13h45
Fredo nous amène la carte. Et s'excuse : "alors en plats du jour, il ne me reste que 2 poulets aux herbes, 2 axoa de boeuf et en entrée 1 supion à la bayonnaise"... Néné râle de ce manque de choix : "eh, faut prévoir l'ami. Quand on a un commerce, faut savoir prévoir !! S'il t'en reste plus assez, c'est que t'as mal géré".
Surprise de Sylvie Rafinet, son associé toussote, je me cache. Fredo, habitué à Néné, s'abstient de répondre mais enrage.
13h50
Le drame. Fredo prend la commande. "qu'avez-vous choisi ?"
Néné coupe la parole à Sylvie Rafinet : "moi, je...".
Fredo profite de l'occasion pour rendre la monnaie de sa pièce à Néné : "et si on demandait à ses dames ce qui leur ferait plaisir ?".
Néné est scotché. Lui et le plaisir des dames, ça fait 2.
Sylvie Rafinet passe commande : "je prendrai une entrecôte au poivre vert et les supions en entrée... si personne d'autre n'en veut..."
Néné : "roooooh c'est pas vrai, juste l'entrée que je voulais !!"
Sylvie Rafinet : "mais Néné, vraiment je vous les laisse volontiers... "
Néné : "roooooh non, ça m'agace ce genre de trucs. Franchement, Fredo, c'est quoi cette façon de procéder, là. Pourquoi proposer des supions si y'en a pas pour tout le monde !"
Fredo exaspéré : "vous seriez venu à 13h comme convenu, des supions y'en avait encore."
Sylvie Rafinet : "quelle importance puisque je vous les laisse Néné ?"
Néné : "non, vraiment, là le déjeuner est gâché. Limite, si ça m'a pas coupé l'appétit. Ces supions me faisaient tellement envie. C'est vrai j'en ai pas mangé depuis une éternité."
Moi : "depuis que t'as oublié que Bayonne c'est au Pays Basque ?"
Je ne sais pas ce qui m'a pris de lui dire ça. C'est vrai que quand j'ai faim, faut pas me pomper l'air, je suis vite agressive.
Néné me fusille du regard et m'assassine en paroles : "toi, la ramène pas, tu veux."
Sylvie Rafinet se fige. Son associé toussote encore et toujours, muet comme la carpe qu'il va choisir de manger. Sylvie Rafinet a envie d'abréger, finalement, elle ne prendra pas d'entrée. Moi non plus.
Néné se croit obligé de détendre l'atmosphère et fait un commentaire : "ah pas d'entrée ? On se ravise ? Je parie qu'on se soigne avant l'épreuve du maillot ? Ah le syndrome des femmes au mois de mai !!"
Sylvie Rafinet, au bord du quintal sur la balance, ne relève pas. Personnellement, je me bourre de pain pour combler ma famine et m'empêcher de parler.
Néné mange seul son entrée. La bouche pleine, il parle contrat. Il me dit "note, mais note voyons". Entre mon assiette et le bord de la table, mon bloc-note se noircit des profondes pensées de Néné. Je note pour rien, je le sais, jamais il ne relira le compte-rendu qu'il me demandera de lui dactylographier. Au milieu de son monologue sur la campagne de rentrée, il s'interrompt, lâche que les supions sont trop salés... et ne finit pas son assiette.
14h15
Alors qu'on nous sert les plats, Néné quitte la table pour aller fumer. Par politesse, tout le monde attend qu'il revienne pour commencer. Sylvie Rafinet me demande s'il est toujours comme ça. Au bord de la crise d'hypoglycémie, la bouche pleine du dernier morceau de pain de la corbeille, je fais un signe de la tête. Se moquant de ma présence, elle dit à son associé qu'ils doivent appeler au plus tôt l'agence H&J pour la campagne de rentrée.
14h20
On mange froid. Sauf Néné qui demande à Fredo de lui réchauffer son axoa. Néné s'étonne du silence, Syvie Rafinet tente une sortie : "je crois qu'on doit encore réfléchir pour la campagne...".
Néné sent que l'heure est grave, décide à ce moment-là de prendre sur lui et envisage l'inenvisageable : coucher avec une grosse. Sans une once de psychologie ni d'analyse de la situation, il rebondit : "pour réfléchir à la campagne, rien de tel que la campagne... j'ai une villa dans le Lubéron, ça vous dirait ce week-end...". Cette fois, l'associé s'étouffe carrément. Une bonne diversion qui permet à Sylvie Rafinet d'éviter de répondre à l'ineptie de la question.
14h45
Pas de dessert. Re-commentaire de Néné, cette fois sur le sucre et la fatalité de la culotte de cheval chez les femmes. Lui seul prend un café.
Sylvie Rafinet a envie d'en finir, mais n'estime pas devoir payer la note. Je vois bien qu'elle a envie de le faire raquer pour ce déjeuner désagréable et inutile au possible. Je la comprends. Pour Néné, y'a pas de petites économies, si elle demande la note en premier, elle paiera, c'est toujours ça de gagné.
Mais Néné finit par céder... A 15h, il regarde toujours une vieille série sur TMC, "vintage" il dirait. Il fait ça en douce, il ignore que je le sais.
Pendant qu'il paye au comptoir et négocie un digestif offert pour la soif engendrée par le salage des supions, Sylvie Rafinet passe un coup de fil. Elle parle à son assistante. Enervée par le déjeuner, elle se fait de plus en plus désagréable, lui donne des ordres, fait son petit Lénine et lui raccroche au nez. Et dire que tout à l'heure elle me plaignait. Elle se repoudre le nez mais n'aperçoit pas dans son miroir de poche que, la grossièreté en moins, elle a aussi ses airs de Néné.
15h00
Retour au bureau.
Je respire.
Néné m'envoie un email "du coup, ça t'a fait 2 heures de pause à midi. Tu me dois donc 1 heure de boulot. Pense à finir plus tard un de ces soirs."
Je soupire.
A 15 mètres, dans son bureau, je l'entends allumer sa télé et roter.
lundi 28 avril 2008
ALERTE ! Veille anti-Néné

Lisboa a son propre Néné.
Massilia a son fada,
Lisboa son fado.
Un Néné d'ici ou de là,
C'est du pareil au même.
Fou et triste à la fois.
Emotion partagée avec les portugaises et toute la corporation des pâtissiers/glaciers.
Un Néné qui fait le choix de la glace ? Choix stratégique bien pensé.
Seules les glaces ne remettent pas l'homme en question.
Toutes froides qu'elles sont,
Elles ne peuvent que réchauffer les ventricules gelés de Néné
Et de surcroît elles ont la délicate destinée de toujours fondre avant
Que ledit Néné ait le temps de voir dedans.
(merci à Thomas pour cette contribution digne d'Interpol)
mercredi 23 janvier 2008
14 ~ NENE : Quand l'encéphale met le feu aux poudres
Aux petites idées le grand Néné.
Si je priais,
Je prierais :
"Que la conjoncture me favorise
Si un jour en Néné le génie frise.
Faites en sorte qu'une fois dans sa destinée
Néné voit l'étincelle,
La vraie,
L'eureka universel.
Mais surtout que cela soit
A l'instant précis
Où la plante des pieds en sueur
Il pose en pure synchronie
Sa main sur un défaillant interrupteur."
Et qu'ainsi le foudroie son éclair.
Et que le feu sacré
Zèbre Néné.
Fin de l'intelligence d'artifice,
Fin de mon suppplice.
La foudre est tombée une fois,
Pour une fois, pas sur moi.
Le courant passe quand je prie,
Feu de joie.
Le bureau brûle.
Médusée par les effets de la prière
J'attrape une cigarette dans ma poche arrière.
En fixant l'incendie,
Je me réjouis :
Ca tombe bien,
J'avais pas de briquet ce matin.
"Le mal aimé", Claude François. Toute ressemblance avec Néné ou des événements ayant réellement existé serait purement fortuite...
dimanche 20 janvier 2008
ODES A CANINS
~ mirza (nino ferrer)
~ la chanson de saucisse
~ je veux être ton chien (taxidermists)
~ I wanna be your dog (émilie simon)
~ I wanna be your dog (iggy pop + the stooges)
mercredi 2 janvier 2008
mardi 1 janvier 2008
jeudi 11 octobre 2007
12 ~ NENE : A volonté
C'est "à volonté".
De quoi avoir le sentiment malsain
D'être un carpaccio de bistrot romain.
Néné veut consommer le salarié
Autant que ça lui plaît.
Je vais développer l'analogie
Pour bien mettre les points sur les i.
Pour le bas prix d'un menu
Il te consomme
Jusqu'à ce que son estomac signifie le refus.
Il te goûte, te sale, te poivre, te bouffe
Avant même que t'es pu dire "ouf".
Et de demander : "une autre assiette s'il vous plaît !"
L'autre assiette, c'est ta première heure supplémentaire de la semaine.
Pour raison de service.
"Serveur, assiette !"
Quel appétit Néné,
T'as la panse en transe, on dirait !
Et là c'est tes vacances qui sautent.
Pas le premier lundi ou le vendredi final
Non, non, juste le mercredi central.
Je peux refuser ?
Néné se gondole : "t'as déjà vu un bœuf autorisé à reculer pour pas qu'il soit tranché ?
J'ai pas le choix donc, juste par solidarité avec le bovidé.
"Assiette !"
Le serveur se lasse et Néné s'agace.
Fin de la politesse,
Et que le flux de viande jamais ne cesse.
"Assiette !"
"Assiette !"
Néné s'emballe :
"Donnez m'en deux, ça ira plus vite
Vu que vous êtes pas du genre qui s'agite."
Le serveur balance 2 assiettes de cru
Et pour moi ça veut dire que c'est tout vu,
Le pont du 1er mai je peux m'asseoir dessus.
La viande rouge excite le prédateur
Néné perd toute pudeur.
Il déboutonne son col de chemise, desserre sa ceinture en skaï
Et continue sa ripaille.
Du bœuf émincé,
Encore, encore,
De l'assistante esclavagisée,
Encore, encore.
Bœuf et petite meuf presque le même combat
Pour 17 euros les X assiettes, on le bute,
Moi, c'est pour 8,44 euros de l'heure bruts.
Alors moi l'assistante
Arrivée au dessert
Après tant d'années de dévouement, d'efforts
Je suis épuisée, j'ai les nerfs.
Et pas à tort.
J'ai tout donné, fait toutes les concessions
Néné m'a dévorée sans modération.
Et la peau sur les os,
Je prends enfin 2 jours de repos.
Pendant ces courts congés suppliés
Je me ressource en campagne isolée.
De la fenêtre je vois un animal.
Charolais ou pas j'y connais rien
Mais son regard ressemble au mien.
Une envie de vengeance
Que je connais bien.
Est-ce un rêve ?
Je l'entends qui me dit
De me saisir du fusil
Et de la hâcheuse aiguisée
Pour faire un tartare à la viande de Néné.
Est-ce un rêve ?
Je le fais,
Prenant soin d'épargner la tête.
Pour pouvoir l'empailler.
Est-ce un rêve ?
Le bœuf et moi
On a trouvé ça drôle de l'envoyer au serveur du bistrot.
Partisan de notre lutte désespérée,
Il l'a accrochée dans la salle du resto.
Du pur design !
Entre les faux tableaux Renaissance italienne
Et la pacotille en dorure
La bobine de Néné semble surgir du mur.
Est-ce un rêve ?
Oui.
Faut nous excuser, le serveur, le bœuf et moi
On en a marre.
Marre de Néné
Marre d'être coupé, rompu, tranché, cassé.
Simplement marre.
Marre de ce cauchemar.
Et on a trouvé ça
Simplement marrant.
Marrant de faire semblant.
[Fais pas la tête Néné ! ;-)]
Pour la peine, une recette de carpaccio végétarien :
mercredi 12 septembre 2007
11 ~ NENE : Le vahiné
Soudain un frisson me parcourut, comme une appréhension animale. Y'avait du danger. C'est ridicule, je me disais. J'étais tellement bien, j'avais pas envie d'être interrompue. Si j'ouvrais l'oeil pour voir ce qu'il y avait, j'allais perdre la torpeur qui m'habitait. Mais la chair de poule gagnait et faisait la ola sur mon corps. Je m'étonnais : "Mince alors, j'ai froid ou quoi ?" Mon coeur battait à 100 à l'heure. Comme si j'avais peur. Je me résolus à me retourner. Je vis alors entre le soleil et moi un cul qui me faisait de l'ombre. Masculin et portant en dépit d'un âge certain un string minimaliste. Le cul était debout, mains sur les hanches, les jambes bien plantées dans le sable et écartées à tel point que pour tout panomara - contre-jour oblige - j'avais pleine vue sur ses attributs. Le cul regardait l'horizon et semblait n'avoir pas eu d'autre idée que de venir l'admirer à 3 mètres de ma serviette. Je toussai. Pas de réaction. Je retoussai. Rien. "Ma parole, ce cul est sourd !" Je tentai un "s'il vous plaît ?". Et là le cul se retourna et répondit sèchement : "quoi ?" Est-ce la chaleur, mes verres fumés ou le demi-sommeil, j'ai cru alors voir... Je jetai mes lunettes et clignai. Le cul se mit alors à rire. Le frisson me revint, cette sensation de péril imminent... Pourquoi n'avais-je pas continué à dormir ? Mon instinct m'avait pourtant prévenu que l'impensable allait se produire : pur hasard et comble de guigne, Néné avait choisi la même plage que moi. A 600 bornes du bureau, il avait fallu que je le retrouve là, que je me retrouve face à lui. Ou dos à lui plutôt. Non seulement je supportais sa tête à longueur d'années, mais encore fallait-il que je vois son cul ridé pendant mes congés. Et ledit cul de se mettre à plaisanter de cette coïncidence incroyable qui si-ça-se-pouvait aller nous rapprocher. Puis il me balança, l'oeil lubrique, : "sympa ton bikini !" Tout occupé qu'il était à me mater, il avançait. Je ne fis rien pour le repousser, au contraire, je lui sourit pour l'attirer. Ca vous étonne ? Vous allez comprendre. J'étais là, un brin tétanisée, riant par devant, rassemblant mes affaires par derrière. Il ne s'est pas méfié, tout occupé qu'il était - aussi - à se figurer que ce soir il allait peut-être me sauter. Plus qu'un mètre. Néné touchait au but. Et paf ! Droit sur la méduse échouée ! Néné hurla, s'effondra, se panant dans le sable en se tenant le pied. Offrant en prime aux badauds qui venaient voir ce qu'il se passait le spectacle d'un string qui baillait. D'où, sans doute, le peu de compassion apparente et les sourires à peine discrets du public qui ne s'est pas hâté pour lui indiquer le poste de secours. Pendant ce temps-là, j'ai filé.
Le soir même, je posai mes bagages dans un bungalow retiré, loué à la hâte dans un minuscule village du pays basque espagnol. Choix de coeur... et calculateur : je misais sur le fait que les lacunes linguistiques de Néné seraient le frein nécessaire pour ne pas le voir franchir la frontière. Dans le camping ce soir-là, c'était soirée "ELECTION MISTER ETE". Sur l'affiche, un bodybuildé pleine de dents blanches et à peine vêtu. Mais dans la réalité, qui serait-il ? Par ennui, j'avais envie d'y aller. Mais pensais aussitôt : "faut pas tenter le diable deux fois dans la même journée"... c'est plus raisonnable. Les hommes qui exhibent leur croupion comme les élections, ça m'a pas beaucoup réussi ces derniers temps. Je suis donc restée dans mon bungalow, allongée, allanguie, à rêvasser, à m'interroger : comment garder toute considération pour son patron dont on a vu le fion ? Néné, avait-il espionné mes dizaines d'heures de connexions à la recherche d'une destination de vacances ? si cette rencontre prouvait que Dieu existe, quelqu'un pourrait-il lui dire d'arrêter de se prendre pour meetic ? Pour finir, je m'endormis et me promis de faire un don à une fondation qui oeuvre à la sauvegarde des méduses. Après tout, ça n'est que justice pour m'avoir aidé à transformer Néné-qui-se-prendrait-bien-pour-mister-été en un ridicule-monsieur-string-médusé.
jeudi 14 juin 2007
4 * animisme à marseille > LA STATUE QUI DENONCAIT L'IMPOSTURE
Gardez le moral et admirez la prestance ! : Copacabana by Barry Manilow
mardi 12 juin 2007
10 ~ NENE : Proche du peuple
L'explication scientifique est simple : son inconscient - qu'il ne faut jamais prendre à la légère - lui souffle que l'ouvrier est populaire et forcément à l'accent chantant. En parlant son langage, Néné prend le parti de se rapprocher de lui et de dépasser le clivage social. Il a le coeur au bord des pauvres et des incultes. L'homme ouvrier, il se met à sa hauteur, il se fait tout petit. Néné lui parle dans son patois, en articulant démesurément pour que l'autochtone-travailleur capte bien. Sauf que Néné n'a pas l'accent, en vrai. Alors ça sonne faux. Sauf que son prolo non plus, en vrai. Alors même si Néné lui parle en marseillais, le prolo, lui, continue de pratiquer le français. Et typiquement, au bout d'un quart de négociation sous-titrée, il se trompe d'accent : un peu de corse, un peu de québecois, parfois même le Néné se met à parler comme Jane B... Finalement, il s'épuise et enfin réalise : vu de loin on dirait que c'est lui le prolo, l'idiot, l'illettré. Seule alternative pour lui alors, rompre le "charme". Pour pas que ça se voit trop, Néné abandonne son accent d'un seul coup et enrobe le tout dans un ton odieux. Rien de tel qu'une enguelade-surprise-by-Néné pour que le poisson soit noyé. Poiscaille dirait-on. Là l'ouvrier hallucine mais tout prolo qu'il est, avec son besoin de bosser, il se tait. Manifeste un peu de mécontentement mais reste poli. Et Néné se sent grand, se sent beau, se sent éduqué, un peu le roi du monde. Le roi qui restera dans l'histoire pour avoir aboli la barrière de la langue. Un roi riche, beau, fort, adulé, avec une belle reine, une cour dévouée, un gros chateau et une immense BMW... faut pas déconner la calèche c'est quand même un peu daté. Et oui, Néné, l'homme de gauche, a des rêves inavoués de monarque endimanché. C'est pour ça qu'il sourit quand il somnole sous le parasol, c'est à ce mirage qu'il songe. Mais il devrait mieux écouter car à n'en pas douter son ménestrel provençal lui murmure à l'oreille : Qu toujour pren e rèn noun douno, A la fin cadun l'abandouno**.
* Comment ça va ? Comme-ci, comme ça ! Oh, comme c'est beau ! C'est un miracle !
**Qui prend toujours et jamais ne donne, à la fin, chacun l'abandonne.
jeudi 7 juin 2007
vendredi 1 juin 2007
9 ~ NENE : La radio
Il y a quelques années. En fin de journée. Néné venait de se disputer avec sa maîtresse du moment qui se savait trompée. Il était presque 18h, Néné avait déjà commencé l'apéro dans son bureau, il écoutait la radio. Parfois il écoute Nostalgie espérant entendre son groupe favori, UB40. Ca lui rappelle sa trentaine, les joints, les années 80. Et il beugle dans un épouvantable anglais, imitant à la fois le chanteur, les chœurs, le synthé, le saxo, les percu et la trompette. Dans l'oreille ça produit comme un courant électrique c'est très pénible et très irritant. Pire que les pires candidats exhibés par la TV-radio-crochet. Mais ce jour-là, rien à voir, Néné écoutait une radio pour ménagères, la cible préférée de Néné. Il les écoute pour se moquer d'elles, celles qu'il appelle les mégères, les femmes-foyer, les périmées. A l'antenne, elles ouvrent leur cœur. Moi aussi j'écoute l'émission, dans mon placard, discrètement, en sourdine... sinon Néné me tuerait. Cette heure de récréation c'est d'abord mon moment d'humanité de la journée, j'entends enfin autre chose que Néné.
Mais ce jour-là, c'est Néné que j'ai entendu parlé en direct sur radio-mémé. « Bonjour je m'appelle Néné, j'ai 50 ans dans quelques jours, avec ma copine on s'est disputé, je suis déprimé, parfois j'ai envie d'en finir... » Quel salaud ! Aller solliciter la solidarité quand on insulte les gens à longueur de journée ! Mais il avait vu juste et tapé à la bonne porte. Il avait touché le cœur des auditrices et aussitôt le standard a explosé. Janine proposait une randonnée à dos de poneys, Chantal un cours d'occitan, Anne-Marie une exposition de verre soufflé. Et chacune de lui assurer que tout allait s'améliorer, que sa copine reviendrait, qu'à 50 ans on est plus jeune que jamais. Et vas-y que je te laisse mon numéro hors antenne pour convenir d'un rendez-vous pour se changer les idées. Et Néné de se plaindre, de pleurnicher... Fallait mettre fin à cette mascarde, j'en pouvais plus l'entendre faire sa complainte de l'homme brisé. Alors MOI AUSSI j'ai appelé la radio, parce que MOI AUSSI je voulais parler à Néné. J'avais prévu de le cuisiner sur ses relations amoureuses pour qu'il finisse par avouer son goût prononcé pour l'imposture et l'extra-conjugalité. Une fois découvert, les auditrices le chargeraient, le lapideraient en direct et il pourrait dire adieu à tous les extras qu'on lui avait fait miroiter. Au standard de la radio, on m'a fait patienter. J'étais donc en attente, un peu tremblante, des post-it collés sur le combiné pour brouiller ma voix. De loin, j'entendais la radio de Néné siffler, y'avait des interférences et j'avais peur de me faire griller.
Rien de tel n'est arrivé car Néné a fait d'un seul coup ce qu'il fait de mieux : se couler. Passer à la radio n'empêche pas de boire et Néné avait grand soif. Ballon sur ballon, au bout d'un quart d'heure d'antenne, le vin rouge lui est monté à la tête. Et à Angèle qui lui proposait de venir balader avec elle ses caniches à poil court, il a répondu en se marrant : « j'en ai rien à branler de tes clébards ! » Angèle a failli s'étrangler, l'animatrice était scotchée et moi, dans un mouvement exécuté au ralenti, j'ai reposé doucement le téléphone en souriant... et vite remis mon transistor en marche. Néné ne faillissait à sa nature profonde : il était en train d'insulter en direct toutes les femmes de la Terre... avant d'être coupé. Pendant l'heure qui a suivi, l'antenne a servi de cellule psychologique aux auditrices scandalisées, traumatisées, encore sous le choc. Je me suis rendue compte à quel point je m'étais endurcie ces dernières années, mon seuil de résistance à la Nénétitude avait encore reculé.
Néné a fini sa deuxième bouteille de Bordeaux, avant de s'avachir ivre mort sur son bureau, la tête dans le cendrier. Avant de quitter l'agence ce soir-là, j'ai éteint sa radio et presque malgré moi, j'ai attrapé une garbadine qui trainait, accrochée au porte-manteau depuis une éternité, et l'ai posée sur les épaules de Néné. Décidément, on ne se refait pas. Le lendemain matin, alors que j'arrivais, Néné se réveillait, mal en point et gueule de bois. Il a attrapé la gabardine et l'a jetée par terre en criant : « Pourquoi tu m'as mis cette merde sur le dos, c'est un manteau de gonzesse, bon sang je suis pas un pédé ! » Les larmes aux yeux, je me suis dit qu'une fois encore Néné était chanceux, je n'étais pas armée. Pour autant pas question de laisser passer... alors quand Néné m'a demandé dans la seconde qui suivit si je pouvais aller lui chercher un truc à la pharmacie pour sa tête, j'ai bien pensé l'empoisonner. Je me suis vite reprise et lui ai dit que j'avais ce qu'il lui fallait dans mon sac. Je lui ai tendu 2 pastilles à la menthe qu'il a gobées avec son fond de verre. Confiant. Qui pourrait bien lui vouloir du mal ? Néné a passé sa journée à prendre mes « médicaments », à se croire mourrant tellement il avait mal au front, tellement son mal était résistant.
Moi, j'ai bien bossé. J'avais choisi mes activités et fait dans la perversité. J'ai appelé aol pour un problème technique, france telecom pour une erreur dans la facture et orange pour résilier. Tout ça dans une seule journée pour être sûre de bien énerver Néné... Car évidemment j'ai pris soin de mettre le haut-parleur pour que la lancinante et répétitive musique d'attente résonne puissamment dans la caboche de Néné. Et bien croyez-le ou non, je suis finalement sortie gagnante de cette journée. Et c'est à la longue attente pour la hotline d'un opérateur que je dois d'avoir vu ma vie de bureau changer. Avec la tête qui bourdonne, la cuite au bord du foie, qui supporterait 25 minutes d'extrait de UB40 joué en boucle ? Même pas Néné, pourtant fan des fans. Depuis cet épisode, son groupe préféré, il ne peut plus l'écouter... sinon il a la nausée.
Red red wine...
Toute la jeunesse de Néné...
mercredi 23 mai 2007
8 ~ NENE : La customisation
Un tel concept, Néné ne pouvait pas passer à côté. Non content de le vendre à ses clients, Néné l'a fait sien. Pour lui, la customisation est devenu un art de vivre, une façon de se démarquer, de revendiquer sa singularité (si besoin était). Et s'il est à ce point unique, c'est grâce à ce goût prononcé du "je suis comme je suis et comme je cherche à être, et j'enrichis mon moi-même avec du concept que j'invente moi-même, je suis du moi, plein de moi et je suis désolé pour vous qui ne pourrez jamais être moi". Néné est effectivement unique. Con-issime mais unique. Reconnaissons-lui au moins ça.
Donc, Néné a décidé de devenir un être d'exception, de dépasser ce qu'il était. Purement, simplement, modestement. Il a décidé de partir de sa nature première et de l'optimiser, rien qu'avec une bonne idée. Et pour s'assurer du succès de cette ambitieuse entreprise, Néné n'a pas lésigné. Aux grands bâtisseurs, la postérité ! Alors, il a pensé, je dis bien PENSE, que ce qu'il lui fallait customiser, c'était ses hémisphères. Rien que ça ! Oui, vous avez bien compris : les hémisphères CE RE BRA LES, celles-là même qui auraient dû lui dire à ce moment-là : "c'est débile ce projet !" Dysfonctionnement oblige, le message d'erreur n'ayant pas été expédié à Néné, ce qui fut dit, fut fait. OCC : Opération Cerveau Customisé.
Premier écueil (aisément surmonté par Néné) : customiser, oui, mais avec quoi ? A ce moment-là, le sang qui irrigue l'esprit pubertaire de Néné n'a fait qu'un tour, vite fait. Et la seule réponse possible à cette requête jaillit du neurone de Néné. Braguette ! La voilà la recette : customiser son cervelet avec une braguette ! C'était osé, mais Néné était sûr de lui. Oui, Néné était convaincu d'avoir trouvé l'imparable solution, l'idée de génie, la potion : il devait simplement déplacer son centre de gravité (au sens de "je réfléchis grave"). Tellement évident mais tellement profond. Désormais sa braguette serait le lieu d'inspiration de toute sa spiritualité. Si certains philosophes ont dit : tout est pensée, Néné apporte ainsi sa contribution à l'humanité en proclamant que pour lui le penseur analphabète : tout est braguette.
Et je cite ces quelques situations afin d'éclaircir mon propos :
La braguette de Néné c'est le lieu de sa masculinité : sais-tu, Femme, ce qui se cache derrière ma braguette ? Ton plaisir, ton désir, ton fantasme, si tu savais... Si tu es sage et obéissante, Femme, tu y auras droit, sinon tant pis pour toi. Mal baisée ! Et toi, l'assistante, si tu avais goûté à ce genre de plaisirs -à la pause déjeuner, entre le fax et le scanner- je suis sûr que tu passerais pas tes journées à être si renfrognée. Réfléchis-y, ça te dériderait... Voilà pourquoi Néné voit le harcèlement comme une simple conversation et la branlette comme de la méditation.
La braguette de Néné c'est le lieu de son sens commercial : sais-tu, Concurrent, qui est le mieux membré ? Sais-tu, toi Client que j'arnaque, que je suis assez couillu pour te faire un enfant dans le dos en te regardant droit dans les yeux ? Sais-tu, Fournisseur, qui de nous deux aura le dernier mot quand tu te baisseras plus bas que ton prix ? Comme le paon fait la roue, Néné fait la course à la grosse quéquette et éloigne ainsi ses ennemis en affichant une simple fermeture Eclair d'à peine 8 centimètres.
La braguette de Néné c'est le lieu de toute communication délicate avec le petit personnel : un sujet sensible, une ineptie à imposer, une augmentation à refuser ? Pour faire passer la pilule, rien de tel qu'un grattage appuyé de la braguette sus-mentionnée. Pour décrire la scène : Néné debout devant mon bureau, me faisant face. Moi, la canine, assise, me retrouvant globes oculaires en alignement horizontal sur la braguette, pile poil. Evidemment dès 10 secondes de grattage, on préfère ne pas prolonger la conversation et obtempérer, plutôt que d'imaginer la faune morpionesque courir sur la bébête quinquagénaire et fripée. Reconnaissons l'efficacité du geste.
Enfin, la braguette de Néné, c'est le lieu de sa bonne santé. Il va ostentatoirement aux toilettes, débraguette bruyamment, pisse de toute sa hauteur à la Niagara falls. Et ressort. Ni chasse, ni lunette, ni lumière : on ne tire rien, on n'abaisse rien, on n'éteint pas : le pipi de Néné mérite d'être exposé, senti, honoré ! Et surtout, il ne rebraguette pas toujours... pour laisser aux autres la corvée de le lui rappeler. "Eh Néné, braguette !" Et là Néné, fort en métaphore et blague-à-toto rétorque quelque chose du genre : "eh eh, c'est que l'animal veut pas rentrer !" ou bien "eh eh, c'est qu'il faut prendre l'air de temps en temps... toi, ça a l'air de faire longtemps..."
Vous ne comprenez pas qu'on puisse être comme ça ?
... normal, faudrait pour cela que vous soyez doté de cortex-braguettex + cervellus-phallus, et c'est pas donné à tout le monde...
Beati pauperes spiritu (bienheureux les pauvres en esprit)
lundi 14 mai 2007
7 ~ NENE : Ta gueule (bis)
(ah, ça va mieux !)
> Acte libérateur : vous aussi, dites "TA GUEULE" à Néné !
6 ~ NENE : Ta gueule
Ta gueule !
Néné, quand t'as tort :
Ta gueule !
Néné, quand t'as rien à dire :
Ta gueule !
Néné, quand tu connais une blague :
Ta gueule !
Néné, quand t'es de mauvais poil :
Ta gueule !
Néné, quand tu t'es fait largué :
Ta gueule !
Néné, quand tu triomphes :
Ta gueule !
Néné, quand tu te sens victime :
Ta gueule !
Néné, quand tu picoles :
Ta gueule !
Néné, quand tu te drogues :
Ta gueule !
Néné, quand tu débarques au bureau le matin, quand tu rentres de déjeuner, quand t'as fumé tout ton paquet, t'as une haleine de sanglier et aucun être humain ne peut supporter ça :
Alors je te le redis une dernière fois :
Ferme-la !
Au cas où je me serais pas bien fait comprendre :
mercredi 18 avril 2007
3 * animisme à marseille > LE MARABOUT QUI VOULAIT ETRE MAIRE
SCIENCES OCCULTES :
BIENTOT A LA MAIRIE DE MARSEILLE ?
ELECTIONS MUNICIPALES 2008
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mercredi 11 avril 2007
5 ~ NENE : La nativité
4 ~ NENE : Ca se passe comme ça chez Mc Néné
T'es à l'humanité
Ce qu'un nuggets est au poulet.
Un truc qu'existe pas,
Ni cuisse, ni aile.
Un truc si bizarre qu'on préfère le paner.
Toi, t'es pané
Dans ton autosatisfaction.
Tu te roules dedans.
Même avec une sauce curry bien corsée
Je suis sûre qu'on sentirait encore ton goût
...Mauvais.
Néné,
T'as la consistance d'un pain à hamburger imbibé
La violence d'une frite trop salée
Le QI d'un sunday
Le charisme d'un coca noyé.
Mc Néné,
T'es un vrai clown, tu sais !
Le secret de longévité de la connerie de Néné ? Le même que celui des frites...
jeudi 5 avril 2007
3 ~ NENE : La petite beauté
Mais à défaut de se faire soigner
Néné aime à se soigner,
A faire sa petite beauté.
Après tout, même un petit patron étriqué
A le droit d’être coquet.
A titre d’exemple et pour illustrer cette vérité
Voici une situation vécue… à répétition.
Néné se coupe les ongles… en réunion.
Devant moi, ça va de soi
Devant les clients aussi, ébahis.
Armé de son coupe-ongle pointu,
Déjà il ne nous regarde plus.
On s’adresse à lui
Mais il n’est plus vraiment ici.
Quatrième dimension.
Attention…
Néné est au maximum de sa concentration.
C’est qu’il faut soigner la courbure
De la rognure.
Coup d’œil au public,
Comme avant une épreuve olympique.
Clac ! Il a appuyé d’un geste assuré
Et l’ongle s’envooooolllllllle.
Triple salto arrière, boucle piquée.
Et là, Néné fait une imposition des mains
Pour demander le silence et l’immobilité à chacun.
La tension monte, on retient sa respiration.
Comme dans une épreuve de javelot ou de poids
On suit la trajectoire
Avant de considérer le compétiteur méritoire.
Moi pendant ce temps-là,
Je prie pour que cet ongle déjà mort n’atterrisse pas sur moi.
Et le souci,
C’est que c’est souvent ainsi.
Ce qui me condamne à un contact physique malheureux
Avec le vieux dégueu.
Donc, si c’est le cas, Néné bondit sur moi,
Et s’empare de l’ongle accroché à mon pashmina.
D’un air satisfait, il dépose alors avec précaution le projectile calcique
Sur la table de réunion devenue autel à reliques.
Et ainsi on continue.
Et ainsi Néné ponctue.
Neuf autres sections ongulaires,
Minutieux rassemblage avec l’auriculaire.
Quand une coupure d’ongle semble se faire la malle,
Comble du comble de l’élégance mâle,
Néné tire la langue et humecte son majeur
Pour coller à son doigt l’ergot déserteur.
Retour au petit tas. Point barre.
Et Néné rayonne comme un phare.
Fier de sa production hebdomadaire.
Car quand il se taille les serres
Néné se rassure et constate
Que tout en lui est beau, des tifs à la prostate.
Il redécouvre ému et pensif
Qu’il y a de la jouissance à être productif.
Et pour tout vous confier
Je serais pas étonnée
Si je voyais un jour sur ebay
« A vendre : Ongles de Néné, lot millésimé ».

